Ne jamais chasser seul
La syncope ne prévient pas, ne fait pas de bruit, et arrive le plus souvent aux chasseurs expérimentés. Le binôme est la seule protection qui fonctionne.
Spearfishing.ma· 10 September 2026 · 3 min de lecture
La syncope hypoxique — la « rupture » — n'est pas une défaillance de débutant. Elle frappe surtout des chasseurs entraînés, capables de tenir longtemps, qui repoussent leur limite un jour de bonne visibilité. Elle ne s'annonce pas. Il n'y a ni douleur, ni panique, ni mouvement : le chasseur perd conscience, souvent dans les derniers mètres de la remontée ou juste après avoir atteint la surface.
C'est pour cela qu'une seule règle compte plus que toutes les autres.
Un descend, l'autre regarde
Le binôme n'est pas une compagnie, c'est une fonction. Pendant que l'un est en bas, l'autre est en surface, immobile, et le suit des yeux jusqu'à ce qu'il ait respiré normalement plusieurs fois. Pas jusqu'à ce qu'il émerge : jusqu'à ce qu'il ait repris son souffle.
Les trente secondes qui suivent le retour en surface sont les plus dangereuses de toute la plongée. C'est là que la syncope survient le plus souvent, et c'est précisément le moment où l'attention se relâche parce que « c'est fini ».
Deux chasseurs qui descendent en même temps ne forment pas un binôme. Ils forment deux chasseurs seuls au même endroit.
Devant une syncope
Un plongeur inconscient sous l'eau garde généralement la glotte fermée : l'eau n'entre pas tout de suite. Le temps compte, mais la panique tue plus vite que l'hypoxie.
- Remontez-le en le tenant sous les aisselles ou par la nuque, sans lui arracher le masque sous l'eau.
- En surface, sortez-lui la tête, maintenez-la hors de l'eau, retirez le masque, ouvrez la sangle et larguez sa ceinture de plomb.
- Parlez-lui, soufflez sur son visage, tapotez la joue. La plupart des syncopes se résolvent seules en quelques secondes une fois la tête à l'air libre.
- Si la respiration ne repart pas, insufflez bouche-à-bouche et faites-vous assister immédiatement.
Chaque chasseur devrait avoir fait ce geste au moins une fois à l'entraînement, sur un partenaire consentant, dans peu d'eau. Le jour où il faut le faire pour de vrai, on ne l'improvise pas.
Trois habitudes qui réduisent le risque
Ne jamais hyperventiler. Enchaîner de grandes respirations rapides avant de descendre ne donne pas plus d'oxygène : cela abaisse le gaz carbonique, donc supprime l'envie de respirer. Le corps perd l'alarme qui aurait fait remonter à temps. C'est le geste qui tue le plus de chasseurs formés.
Respecter le temps de récupération. Une règle simple et prudente : rester en surface au moins deux fois la durée de la plongée qui précède. Une descente d'une minute demande deux minutes avant la suivante.
Une ceinture qui se largue d'une main. Boucle devant, jamais sous une combinaison, jamais sous un porte-poisson. Elle doit tomber d'un seul geste, y compris par la main de quelqu'un d'autre.
Et la bouée
Elle ne protège pas de la syncope, elle protège des bateaux. Une bouée de surface visible, avec assez de ligne pour ne pas vous tirer vers le haut, est ce qui empêche un pêcheur ou un jet-ski de passer sur vous. En eau fréquentée, elle vaut n'importe quel équipement de sécurité.
Rien de ce qui précède ne remplace une formation. Si une association près de chez vous propose une initiation à l'apnée et au sauvetage, c'est la meilleure journée que vous passerez pour votre sécurité.